v.1  n.3  2019
Expériences alternatives
v.1  n.3  2019
Expériences alternatives
Articles

PARTAGER

PDF

LA BAKLA, LA AGI: NOS GENRES QUI N’EN SONT PAS UN

Jaya Jacobo
Vincent Empimano
Macky Torrechilla
Christian Tablazon

Traduction
Déborah Spatz

I. Le principe ethnolinguistique des genres aux Philippines

Jaya Jacobo

Alors que les discours de solidarité qui promettent la formation d’une communauté peuvent nous obliger à parler dans un langage qui rend le « genre » intelligible – reçu dans un univers qui prospère en sens commun, pour ainsi dire – la question de la différence doit faire pression sur l’ « universalité » et les diverses plateformes dans lesquelles son discours singulier est entendu. Un tel geste est impératif. Cela ne peut que permettre aux types d’identité en dehors de cette matrice « toujours prête » et inclusive de parler pour eux-mêmes. Une position qui n’est pas toujours assurée par les cadres du postcolonial, du moderne et leurs hybrides.[1]

Une opportunité tropicale évoquée dans de nombreux cercles, est l’individu se substituant au collectif (ou le personnel devenant le politique), de manière à ce que l’on puisse supposer que le plus grand nombre imagine l’entrée dans une utopie caractérisée uniquement par l’égalité, précisément parce que « genre » avait été ouvert pour être dissimulant ou transitif. La pensée que ce modèle linguistique est sujet à des erreurs dans l’inclusivité devrait rendre humble, en même temps, il rappelle à quel point  ce qui doit encore être fait, doit commencer par une rencontre intimement récalcitrante avec le langage : pourquoi méconnaît-il ? Pourquoi désavoue-t-il ? Comment tait-il?

Le programme de travail du consortium international de créateurs activistes GlobalGrace Genre and Cultures of Equality[2] [Genre et Cultures d’Égalité] cherche à résoudre cette situation délicate dans le cadre des études mondiales sur le genre, en permettant à de jeunes écrivains LGBTQ de raconter les conditions de leur souffrance, l’envie qui se dégage d’une histoire qui les exclut et l’émancipation qui apparaît dans ce désir de la vie quotidienne. Le projet à pour objectif, grâce à un atelier national réunissant divers groupes d’écrivains à l’Université des Philippines, à Diliman et à un atelier communautaire organisé pour les jeunes de San Pablo, dans la province de Laguna, de rendre « la vie aimable», en immergeant la question du genre littéraire dans l’émergence du genre, comme force primaire de la création artistique.

Tout en parlant avec un discours théorisant essentiellement les anciens sièges de l’empire et ses néo-colonies, le local, à chaque étape de son embarrassant chemin, déclare son autonomie pour défendre son statut décolonial, sinon, la méthodologie d’un tel projet. La localité s’exemplifie elle-même à travers la langue vernaculaire, ses tropes et ses langues. En ce sens, lorsque l’on s’engage dans la pratique de la traduction, les relations de pouvoir entre les langues se révèlent être arbitraires et les complexes processus le long de la querelle, qui se résument par l’intraduisibilité, deviennent un symptôme de la résistivité au sein de ces droits du local nouveaux et bien mérités. Le local reste-t-il périphérique dans sa propre émancipation ? Oui, et à bien des égards, il doit le rester, de manière stratégique pour articuler des pédagogies et pour disséminer ses propres alphabétisations, pour ne pas rester marginal, partant de la périphérie.

Les pièces choisies pour cette suite philippine, en tant que contribution au programme d’égalité des genre devant être enseigné par l’université des périphérie à Rio de Janeiro réunissent deux poètes philippin-e-s : Vincent Empimano, originaire de San Pablo, Laguna (île de Luzon) et qui a écrit en Tagalog ; et Macky Torrechilla, qui vient de Hamtic, Antique (île de Panay) et ayant écrit en Kinaray-a. Aux Philippines, les langues sont des marqueurs des différences ethniques et culturelles du lieu. De manière provisoire, nous pouvons ainsi dire que le genre, dans l’archipel des Philippines, est tout à la fois divers et varié à cause de ces subjectivités ethnolinguistiques. Les deux genres qui défient le binaire cis-hétéro-patriarcal de ce point de vue sont la bakla, configurée dans les jeux de langage « gay » d’ « Utoy »d’Empimano et l’agi, qui se met en avant dans le "queer" anti-élégie "Patyo" de Torrechilla. Les images qui accompagnent notre prose et notre poésie sont des photos de Christian Tablazon, membre de GlobalGRACE fiction pour l'année 2019.

Comment la « Bakla »[3] et la « Agi » ont-elles été audibles dans le discours ? Où peut-on commencer à rechercher leur audibilité ?

Le Vocabulario de la lengua tagala (1860) offre un ensemble de concepts qui amènent la« bacla » à implanter une coordination de différence de genre pour le tournant du siècle dans les Philippines coloniales.[4]Enlabiar (séduction) signifie son discours entrant et sa tactique associée à engañar (tromper), à travers lustre (proéminence) ou hermosura (beauté)[5]. Une notion de bakla, comme outil de persuasion, est développée plus loin, sous le terme « moverse por algun interes o provecho »[6], à être inspiré selon une raison ou un sentiment d’avantage. En même temps, le terme bakla signifie, par « desollarse », (blesser) une vulnérabilité.[7] Maintenant, le persuadé est poussé à l’action mais il hésite également : être un « nababacla », c’est avoir peur de quelque chose de nouveau (espanto de cosa nueva).[8] C’est un exemple précoce d’homophobie et de transphobie dit depuis longtemps dans la langue Tagalog.

Le lexique est plus significatif pour marquer l’émergence d’ « alteracion »[9] comme descripteur de la bakla ou de sa puissance, par conséquent, un tel cas pourrait être notre introduction de la bakla vers son tournant trans. Une figure est capable de changer, malgré la peur face à elle et à cause de sa capacité à enchanter, à duper, à inspirer et même à soumettre quelqu’un au mal. Elle est un index de perplexité et d’agitation précisément au moment de la réalisation de la transformation. Cependant, nous  devons noterque, dans ces instances linguistiques, la bakla, même dans son caractère être-trans, est assemblée pour construire une métonymie de la conscience totalisante, qui l’engendre en tant que telle et non pas comme une identité capable de dicter les termes reconnaissance. Je dis totalisante parce qu’une telle conscience qui engendre ne se permet pas à elle-même d’être changée, vaincue, comme finalement engagée dans une dialectique.

Dans le Diccionario de la lengua bisaya hiliguiena y haraya (1841)[10], “agui” est répertorié comme « señal » (signe), « huella » (trace), « rastro de lo que paso » (trace de passage).[11] Ce terme fait également référence au fait de passer en marchant (pasar andando)[12], manifestant plusieurs aspects du voyage, comme « transitar », « transito », « transitorio »[13]. Paradoxalement, il se comporte comme « une trace cachée » (tanda ng̃a tago) via « ostugo »[14], sous-entendant le rythme aléatoire du passage, sa visibilité alternant  contenance et camouflage.

L’agi est configurée métonymiquement comme un mouvement phénoménal, mais seulement après avoir illustré le sensorium comme incapable de faire face à son flux. Similaire au Tagalog bakla décrit ci-dessus, la Kinaray-a agi n’est, dans cet exemple, pas une identité mais une série de scènes identifiant une sorte de différence. Et parce que ce genre de mouvement ne peut être localisé, il pourrait également être mal compris.

Dans ces lectures de la « bakla » et de la« agi » contre le grain des archives impériales, l’un pourrait induire le genre comme étant une sensation devant être abrégée (blaka) et comme une expérience ne pouvant être racontée (agi). L’autochtonie historique de telles incarnations, à priori, ne peut être altérée que pour annoncer la légitimité de l’arrivée coloniale. En discutant avec Vincent et Macky séparément, j’ai été convaincu que leurs textes permettent à la « bakla » et à la  « agi » d’interpréter une sorte de personnalités assignée à l’homme mais identifiant au féminin, à Laguna et à Antique, et pourtant, leur dialogue avec d’autres blakla et agi montre également un refus des signifiants globalement lisible comme « gay », « queer » et « trans », tout en étant ouverts à l’attrait de ce type de croisements de langage. Une telle tension permet au projet dé-colonial sud-sud de participer à des circuits du contemporain.

Nous espérons que nos lecteurs pourront imaginer la blakla et la agi comme étant, non seulement, des signifiants du genre dans des langues s’épanouissant pour diversifier nos histoires[15] dans ces parties du monde, mais également comme des langues elles-mêmes, résultants en des corps résistants à chaque chemin possible de développement.

II. Utoy

Vincent N. Empimano 

Alas-kuwatro pa lamang ng madaling araw ay nagising na ako dahil sa kaluskos ng mga paa sa salas. Pagkalabas ko ng kuwarto ay nakita ko si Papa na nakaayos papunta sa trabaho.

Matapos magpaalam kay Mama, sandali siyang lumapit sa akin at humalik, sabay sabing "Utoy, tulungan mo si mama sa bahay, ha? "

"Opo, Papa" mayabang kong tugon.

At tuluyan nang umalis si Papa. Maaga akong nag-almusal dahil makikipagkita pa ako kina Marco, Rap-Rap, at Bukol, mga kaibigan ko. Kaagad akong nagbihis at nagpaalam kay Mama. Pagdating sa tindahan ni Manong Alex ay hinanap ko agad ang aking mga kaibigan. Napakaraming bata sa tindahan; marahil tambayan talaga ito dahil sa mga patok nitong paninda na nakaka-agaw-atensyon sa aming mga mata. Ilang saglit lang ay nakita ko na sina Marco. May mga kasama: sina Angelica, Barbie, Eula, at Leslie. Napangiti naman ako nang palihim. Marahil dito ko magagamit ang hokage kong moves na aking inensayo sa maraming hapon.

Kaya umentrada ako: ‎"Ehem, girls tara na?"‎

"Ah, ang bilis naman, ngayon na agad?, " sabi ni Eula.

‎"Bilisan na natin at sayang ang oras," inis na sabi ni Bukol. ‎

At napagdesisyunan ng lahat na simulan na. Pumunta sila nang sama-sama sa isang tabi. Ikinabit na ni Eula at Leslie sa kani-kanilang binti ang hawak na lubid-lubidan sabay dumistansya nang tamang layo. Bigla naming hinapit ang aming mga shorts pataas at tuwang-tuwa sa pagtira.

"Oh! Geym!," sigaw ni Rap-Rap.

Bumuwelo ako sabay talon: "10, 20, 30, 40, 50, 60, 70, 80, 90 ... Wan handred."

At ayun, nasimulan na namin ang masayang laro na ten-twenty. Siyempre hindi ako nagpakabog kina Eula kaya ginawa namin ang aming magagawa para di kami mataya. Iniligtas ko si Bukol dahil masyadong maiigsi ang kanyang mga biyas. Tuwang-tuwa ang mga bading dahil di nakatira ang mga babae. Kembot nang kembot ang mga bading na para bang nang-iinis.

"Ikembot mo, ikembot mo," sigaw nina Marco, Rap-Rap, at Bukol bago ako tumira.

Ngunit bigla silang tumigil sa pagkanta.

"Ikembot mo, ikembot mo," mahinang kanta lang ang naririnig ko sa likod.

"Oh? Ba't humina ang kanta?," mayabang kong sagot.

"Laksan nyo, ikembot mo, ikembot mo!,"sigaw ko.

At napatigil sa pagkanta ang batang bading dahil nakita niya ang lalaking nasa likod: si Papa!

Petit Garçon

Le bruit strident des pieds dans notre salon me tira de mon sommeil. Il était 4 heures du matin. Quand je sortis de ma chambre, je vis Papa tout habillé pour le travail.

Après avoir dit au revoir à Maman, il se tourna vers moi, m’embrassa sur la joue en disant : « Petit garçon, aide ta maman à faire les tâches ménagères, d’accord ? »

« Oui, Papa » répondis-je fièrement.

Papa quitta finalement la maison. Je mangeai mon petit –déjeuner tôt parce que je devais retrouver mes amis Marco, Rap-Rap et Bukol. Je m’habillai avec impatience et dis au revoir à Maman. En arrivant au magasin de Grand Frère Alex, je cherchai immédiatement mes amis. Il y avait beaucoup d’enfants, ils étaient probablement tous restés là à cause des sucreries alléchantes en vente. Quelques secondes plus tard, je vis mes amis. Ils avaient de la compagnie : Angelica, Barbie, Eula et Leslie. Je souris secrètement. Je ferais probablement usage des mouvements de hokage[16] que j’avais répétés pendant plusieurs après-midi.

Je commençai : « Eh, les filles, on y va ? »

« Attends une minute, tu veux vraiment faire ça maintenant ? », dit Eula.

« Allons-y, on ne peut pas perdre de temps », Bukol était exaspéré.

Tout le monde décida de commencer. Ils se regroupèrent dans un coin. Eula et Leslie attachèrent l’élastique à leurs cuisses et se maintinrent une certaine distance. Nous pliâmes également les ourlets de nos shorts et nous positionnâmes pour que chacun tente sa chance.[17]

« Oh ! Jeu ! », cria Rap-Rap.

Je rassemblai mon énergie et sautai ensuite : « 10, 20, 30, 40, 50, 60, 70, 80, 90, cent ! »

Et ça se passa comme ça, notre joyeux jeu de dix à vingt. Bien sûr, je ne laissai pas Eula et les filles nous battre, ainsi nous fîmes tout pour ne pas devenir le « truc». J’eu besoin de sauver Bukol parce que ses pieds étaient trop courts. Les badings [18]étaient si joyeux que les filles n’avaient aucune chance. Nous balancions nos hanches, comme pour les narguer.

« Balance tes hanches, balance tes hanches » criait Marco, Rap-Rap et Bukol avant mon tour.

Et pourtant, ils arrêtèrent tous de chanter.

« Balance tes hanches, balances tes chances » j’entendais une faible musique dans le fond.

« Pourquoi le volume de la chanson est-il devenu si bas? », répondis-je moqueur.

« Plus fort ! Balance tes hanches, balance ! », criai-je.

Et la jeune fille ne put continuer sa chanson lorsqu’elle vit l’homme derrière elle : son père !

 

III. Patyo

Macky Torrechilla

Saksi ang dëlëm,
Ang mga panulay,
Ang mga tamawo,
Kag ang mga murto nga nagapahimëyëng sa binit-binit
Sa ingës kang darwa ka lalang.
Dya kita sa mga nagaturog,
Dya kita sa mga nagapahuway.
Dya ko idupra,
Patyën kag ideretso lëbëng
Ang puturo kang mga bata
Nga daad nangin doktor,
Maestro, inhinyero, seaman,
Tambay, alpot, adik,
Ukon kriminal.

Cimetière

Les témoins sombres
démons
élémentaires,
des fantômes
silencieux dans le coin
avant le gémissement de deux âmes.
Ici, ils dorment.
Ici, ils se reposent,
Ici, je vais cracher,
tuer et enterrer
l’avenir de ceux
qui auraient été médecins,
professeurs, ingénieurs, marins,
les chômeurs, prostitués, drogués,
criminels

Jaya Jacobo   |   Philippines

Jaya Jacobo est chercheuse doctorale en début de carrière du programme de travail GlobalGRACE à l'université des Philippines et à l'YMCA San Pablo.

 

lajayajacobo@gmail.com
Macky Torrechilla   |   Philippines

Macky Torrechilla a été couronnée Miss Gay Hamtic en 2017, à Antique, aux Philippines.

macoy.writes@gmail.com
Vincent Empimano   |   Philippines

Vincent Empimano est enseignant dans la ville de San Pablo, à Laguna, aux Philippines.

empemanov@gmail.com
Christian Tablazon   |   Philippines

Christian Tablazon est à la tête de Nomina Nuda, une petite plateforme indépendante à but non lucratif et un espace d'exposition à Los Baños, à Laguna, aux Philippines.

tablazonchristian@gmail.com

[1] Voir Aniruddha Dutta and Raina Roy, "Decolonizing Transgender in India: Some Reflections," Transgender Studies Quarterly (Special Issue on Decolonizing the Transgender Imaginary) 1, no. 3 (Summer 2014): 320-338; Je suis redevable à ma sœur, Mariah Rafaela Silva pour ma compréhension des travestis par rapport aux trans au Brésil, leurs distinctions et leurs convergences. Les conversations à ce sujet avec James Turner, Jimmy Casas Klausen, Siobhán McGuirk et Marzena Zukowska ne sont pas non plus oubliées.

[2]Le projet GlobalGRACE a reçu des financements du Fonds de Recherche sur les Défis Mondiaux (GCRF) du Programme de Recherche et d'Innovation du Royaume Uni (UKRI), sous la référence de subvention AH/P014232/1. Il est nécessaire de reconnaître les conversations que j’ai eues avec les mentors et les collègues du groupe de travail : Mark Johnson, Kate Ramil et, bien sûr, Neil Garcia. Des interactions avec les confrères et les consœurs du premier atelier national et  communautaire inspirent également mes réflexions, ici. Enfin, le sentiment d’empathie trans [trans allyship] de Leo Fernandez Almero est d’une importance capitale pour moi.

[3] À propos de la bakla, voir J. Neil C. Garcia, Philippine Gay Culture: Binabae to Bakla, Silahis to MSM, Second Edition (Quezon City: The University of the Philippines Press, 2008); Fenella Cannell, "Beauty and the idea of 'America,'" dans Power and Intimacy in the Christian Philippines (Quezon City: Ateneo de Manila University Press, 1999); Martin Manalansan, Global Divas: Filipino Gay Men in the Diaspora (Durham and London: Duke University Press, 2003); Ryen Paul Sumayao and Jaya Jacobo, eds., BKL/Bikol Bakla: Anthology of Bikolnon Gay Trans Queer Writing (Naga City: Goldprint, 2019); Du côté bantut, voir Mark Johnson, Beauty and Power: Transgendering and Cultural Transformation (London: Bloomsbury Academic, 1997).

[4]Je voudrais remercier Ian Harvey Claros pour son inestimable assistance de recherche dans cette partie.

[5]Vocabulario de la lengua tagala, s.v. "bacla." (I)

[6]Vocabulario, s.v. "bacla." (III)

[7]Ibid., s.v. "bacla." (IV)

[8]Ibid., s.v. "bacla." (II)

[9]Ibid.

[10] La réaction d’archiviste immédiate de John Paolo Sarce est très appréciée pour cette partie.

[11]Diccionario de la lengua bisaya, hiliguiena y haraya de la isla de panay, s.v. "agui."

[12]Diccionario, s.v. "agui."

[13]Diccionario, s.v. "transitar"; Ibid., s.v. "transito"; Ibid., s.v. "transitorio."

[14]Ibid., s.v. "ostugo."

[15] Dans ma langue maternelle, Bikol, « agi-agi » fait référence à toute forme de récit, de l'épopée au roman d’amour, de la rumeur au roman. Les chroniques se déplacent dans des passages empruntant des chemins prosaïques, maintenant donc le sens du mouvement indiqué dans le Kinaray-a « agi ».

[16]Ce terme japonais est dérivé du manga Naruto. Il est utilisé pour décrire un guerrier doué et puissant. Le mot a été repris par les millenials pour décrire les mouvements chorégraphiques ressemblant à l’agilité de ces personnages, tels qu’ils sont vus dans les adaptations animées du manga.

[17] Deux équipes lancent une pièce. L’équipe qui mise sur la face de la pièce tournée vers le haut peut sauter au travers de l’élastique attaché aux cuisses de deux membres de l’équipe adverse, en priorité. Chaque membre de l’équipe saute en faisant un décompte commençant à 10 et pouvant aller jusqu’à 100, à condition qu’aucune partie de son corps ne touche la corde. Si cela se produit, toute l’équipe devient alors le « truc », regardant statique et assis sur le sol la danse de l’équipe adverse.

[18]Le mot Bading est l’interprétation plus contemporaine de la bakla. Le terme a été largement diffusé à la fin des années 90 et jusqu’au premières années du XXe siècle. Je laisse le terme non traduit pour lui permettre d’embrasser les identités gay, queer, trans.

Bibliographie 

Cannell, Fenella Cannell. "Beauty and the idea of 'America.'" In Power and Intimacy in the            Christian Philippines. Quezon City: Ateneo de Manila University Press, 1999.
Dutta, Aniruddha and Raina Roy. "Decolonizing Transgender in India: Some Reflections."            Transgender Studies Quarterly (Special Issue on Decolonizing the Transgender     Imaginary) 1, no. 3 (Summer 2014): 320-338.
de Mentrida, Alonso, ed. Diccionario de la lengua bisaya, hiliguiena y haraya de la isla de     panay. Manila: D. Manuel y de Felis S. Dayot, 1841.
de Noceda, Juan and Pedro de Sanlucar, eds. Vocabulario de la lengua tagala. Manila:         Ramirez y Giraudier, 1860.
Garcia, J. Neil C.. Philippine Gay Culture: Binabae to Bakla, Silahis to MSM. Second    Edition. Quezon City: The University of the Philippines Press, 2008.
Johnson, Mark. Beauty and Power: Transgendering and Cultural Transformation. London:            Bloomsbury Academic, 1997.
Kishimoto, Masashi. Naruto. In Shonen Jump. San Francisco, California: Viz Media, 1997.
Manalansan, Martin. Global Divas: Filipino Gay Men in the Diaspora. Durham and London: Duke University Press, 2003.
Sumayao, Ryen Paul and Jaya Jacobo, eds. BKL/Bikol Bakla: Anthology of Bikolnon Gay Trans Queer Writing. Naga City: Goldprint, 2019.

RETOUR AU HAUT
ÉDITIONS ANTÉRIEURES
Démocratie et Périphérie v.2  n.2  2018
Le Paradigme de la Puissance v.1  n.1  2018
ABONNEZ-VOUS À LA NEWSLETTER