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periferias 6 | race, racisme, territoire et institutions

photo: Luiza Nasciutti

Mémoire vive de la Vila Autódromo

Histoire de lutte et de réexistence dans une favela carioca

Luiza Freire Nasciutii

| Brésil |

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La mairie de Rio de Janeiro a développé, depuis les années 90, une série de projets urbains qui ont pour objectif de promouvoir la ville par l’attraction d’investisseurs, de touristes et d’utilisateurs solvants. En contrepartie, ce processus a accentué des dynamiques de ségrégation dans la ville, intensifiées à partir de 2009, lorsque la ville de Rio de Janeiro a été choisie pour recevoir les Jeux Olympiques de 2016. Ce genre d’interventions urbaines ont été accompagnées par le démantèlement forcé de diverses favelas et quartiers populaires. La Vila Autódromo a été fortement affectée, puisqu’elle se situe dans la zone destinée à la construction du Parc Olympique, dont le chantier a provoqué un violent processus d’expulsion de centaines de familles, sans qu’une autre alternative leur soit donnée.

Malgré le fait que les expulsions aient été accompagnées de relogements et d’indemnisations, celles-ci ont ont été marquées par l’humiliation, les menaces, les violations de droit, le terrorisme psychologique et des pressions diversions diverses commises par la Marie. Cependant, la Vila Autódromo n’a pas abandonné la résistance, en exigeant la garanti du maintien de ses droits et la dénonciation des violences dont elle a été la victime.

Même si beaucoup d’habitants ont cédé aux négociations, à cause du contexte de pressions importantes, d’autres ont refusé les indemnisations, en réexistant durant tout le processus. À l’approche des Jeux Olympiques, la Maire s’est empressée de terminer les travaux pour l’évènement gigantesque qui allait avoir lieu dans la ville. Entre fin 2015 et début 2016, il y a eu une accélération des expulsions, culminant en la décaractérisation de la communauté, avec la présence massive de gravats et d’arbres abattus.

Les premiers mois de l’année 2016 ont été marqués par un intense climat de tensions avec des pertes significatives pour la communauté, lorsque des édifications symboliques pour la lutte ont été démolies, parmi elles, le siège de l’Association des Habitants et le petit parc des enfants.

En avril de la même année, la pression et la visibilité de la résistance des habitants et des soutiens sont parvenus à un marqueur important : la conquête de la permanence d’une partie des familles qui avaient résisté jusqu’à ce moment-là, représentant un fort exemple pour les autres mouvements de lutte populaire pour le droit à la ville et au logement. Malgré cela, la lutte continue pour ne pas que s’efface la mémoire de la communauté et pour que les violences et les destructions matérielles symboliques qui marquent les vies de tant de familles expulsées ne soient pas oubliées. 


 

NASCIUTTI, Luiza Freire. Gênero, cidade e luta: narrativas resistentes das mulheres da Vila Autódromo. Trabalho de Conclusão de Curso de Graduação em Produção Cultural. Universidade Federal Fluminense. Niterói, 2016.

Luiza Freire Nasciutti | Brésil |

Chercheuse, sociologue, anthropologue et photographe. Titulaire d’un master en Sociologie par l’institut d’Études Sociales et Politiques de l’Université de l’État de Rio de Janeiro (IESP/UERJ). Docteure en Sciences Sociales par l’Université de l’État de Rio de Janeiro (PPCIS/UERJ). Elle travaille en tant que chercheuse dans les groupes de recherche Culture, Politique et Territoire (UFF) et Ville (PPCIS/UERJ)

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